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Troyes est sous François Ier une ville importante du Royaume ; on lui compte près de 30000 habitants, et on la place au cinquième rang des villes de France. Sa situation géographique en fait encore une place commerciale de premier ordre, en particulier grâce à ses relations priviliégiées avec Anvers, première ville d'échanges d'Europe au XVIè  siècle, et Lyon où de grandes foires se tiennent à la même époque.  A la fin du XVè siècle, les Troyens furent amenés à décrire leur ville au Roi pour en souligner l'importance ; ces descriptions, sans doutes exagérées, nous donnent une idée de la prospérité de Troyes : « (...) Troyes, une des belles et grandes villes du Royaume, bien maisonnée et garnie de belles et grandes rues, larges et spacieuses, bien pavée pour recevoir toutes marchandises qui y pourraient arriver tant à charroy que par eau, à charge de mulets et autrement (...) » (La vie en Champagne, sept. 1985). Un autre témoin de la prospérité de la cité en ce début du XVIè siècle est la rapidité avec laquelle Troyes se remet du grand incendie de 1524 ; les églises sont reconstruites, les maisons de bois à pignon se dressent grâce aux efforts des bourgeois et commerçants de la ville ; en quelques décennies, les ravages du grand incendie sont oubliés.

Cette prospérité s'accompagne d'un développement des arts, et en particulier en ces temps de reconstruction et de renaissance, de la sculpture qui connait un tel essor dans la région qu'une Ecole Troyenne apparaît bientôt. Ses influences sont multiples, avec par exemple celle de l'Ecole Flamande ; les tableaux sculptés de l'église de Villemaur sur Vanne près de Troyes reprennent des détails des tableaux du peintre Albrecht Dürer, qui à l'époque avait gravé et publié certaines de ses oeuvres. Les guerres d'Italie apportent en France, on le sait, de grands artistes qui introduisent la Rennaissance dans les arts ; Troyes accueille ainsi bientôt Dominique Le Florentin, dont les oeuvres ornent encore les églises de la ville.

Devant l'ampleur de cette école, et devant la difficulté d'identifier les auteurs de certaines oeuvres, je me contenterai dans cette page de présenter deux têtes de file de cette Ecole Troyenne ; Dominique Le Florentin et François Gentil.


Dominique Del Barbier, dit Le Florentin (1501-1572):

Dominique Del Barbier naît à Florence en 1501(06?) ; élève du Primatice, il suit ce dernier à Fontainebleau, où il participe pour François Ier à la décoration du Château ; il oeuvre en qualité de sculpteur, graveur, peintre, architecte et mosaïste. A la mort de François Ier en 1547, il vient s'établir à Troyes, où il va participer intensément à la décoration des nouveaux édifices que l'incendie de 1524 a fait apparaître. En 1548, il est chargé d'organiser les préparatifs de la visite d'Henri II et Catherine de Medicis, puis en 1563 ceux de la visite de Charles IX. Il travaille alors avec François Gentil. En 1549, la ville de Troyes lui passe commande du jubé de la Collègiale Saint Etienne, qu'il construit avec Gabriel Favereau, son gendre. Il meurt en 1572(74?).

Outre ses participations à l'architecture de la ville, Dominique Le Florentin a laissé à Troyes de nombreux témoignages de sa maîtrise de la sculpture. Il réalise pour Saint Pantaléon le retable de la chapelle Saint Jacques, et bien d'autres sculptures encore.

 

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Saint Jacques, Eglise Saint Pantaléon


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Saint Joseph, Eglise Saint Pantaléon

 


François Gentil (151?-1582):

François Gentil serait né aux Riceys ; son père Edmée Gentil oeuvre dans quelques églises de Troyes en qualité de peintre. Le nom de François Gentil apparaît dans les registres des Eglises dès 1541 (il réalise deux statues pour l'Eglise St Jean) puis en 1547 à la Cathédrale, en 1548 à Saint Jean de nouveau, en 1550 et 1553 à Saint Nicolas. Il participe également, sous la direction de Dominique Le Florentin, aux préparatifs des entrées royales dans la ville de Henri II en 1548 et de Charles IX en 1563. On prête à cet artiste local une vie dissolue ; "il aurait vécu comme un ouvrier libertin, qui ne travaille que pour boire et s'enivrer". Il vécut à Troyes, rue Notre Dame (actuelle rue Urbain IV), face à Saint Urbain. Il laisse aux églises de la ville des oeuvres uniques, en particulier à Saint Nicolas, Saint Pantaléon et Ste Madeleine. Les historiens situent sa mort dans les années 1581-83.

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Jésus présenté au peuple par Ponce Pilate, Eglise Saint Pantaléon


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Saint Joseph endormi, Eglise Saint Pantaléon

 


A admirer également...

Les scultpures exposées dans les églises Saint Nizier, Saint Jean, Saint Pantaléon, Saint Urbain, Sainte Madeleine ainsi que la magnifique collection de l'église de Chaource.

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La Vierge au Raisin,
Eglise Saint Urbain

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Visitation de la Vierge à Elisabeth, XVIe siècle,
Eglise Saint Jean

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Sainte Agnès,
Eglise Saint Nicolas

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La vierge Marie, Saint Jean et Marie Madeleine,
Eglise Saint Pantaléon

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Sainte Marthe, François Gentil,
Eglise Sainte Madeleine

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Mise au Tombeau,
Eglise Saint Nizier

 

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